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Clermont ferrand, le Cannes du court. 4 juillet, 2010

Posté par estermann dans : Annonce des PRIX dans les FESTIVALS,Lire tout le journal,Non classé , trackback

1809781015010316233483352595483263170222185126s1.jpg Le film est tout juste fini et il a déjà une vie : Mention speciale du festival

http://www.clermont-filmfest.com/index.php?&m=128&c=3&id_film=200017070&o=113

 http://www.clermont-filmfest.com/index.php?m=128

Premiers spectateurs, une salle de 1500 places, pleine à craquer et le réalisateur qui est au milieu de cette foule, qu’il entend respirer dans le noir et… rire aux éclats. Et c’est ce rire, cette vague déferlante, qui nous baigne de bonne humeur, du bonheur d’avoir accompli quelque chose pour eux. Tout fonctionne : la balalaïka, les traits d’humour, les disputes : Comment tu ne veux pas que je t’aide? Mais je suis celui qui pourrait le mieux t’aider, ne me vexe pas? la perruque de Séroj, Madame Galoyan, qui arrive magistrale dans sa robe rouge, le seau d’eau, la tasse de thé, les propositions de Vatcho… et des rires de partout, devant derrière, à côté ; une masse mouvante, répercutante qui s’exprime joyeuse, compacte et par ricochets parfois d’un bout à l’autre de la salle Cocteau.

Des rires  fusent sur les points encore peu abordés du texte, qui se découvrent là avec le nombre impressionnant de spectateurs, cette grande diversité de sensibilités qui est rassemblée en un même point, captive de l’écran. » Toi aussi tu es notre richesse nationale » et celle que j’aime par dessus tout quand Séroj montre à Galayan la chaîne accrochée au piano symbolisant  l’impossibilité de le faire pénétrer dans la maisonnette :  » Cela nous dépasse« .

Et la qualité de l’émotion dans les moments de douceur, les moments subtils où les sentiments profonds noient la courette de nostalgie et d’amour, ces moments où Loussiné en jouant  sourit à son grand-père, ce moment sincère et authentique où il la regarde, les voisins qui au -delà de leurs différences, de leurs problèmes individuels trament de leur voix, de leur regard le vrai visage d’une humanité  belle, loin du conformisme, du confort matériel et des apparences sociales.

Le Piano n’a pas eu le prix France Télévision décerné à un autre film sur d’autres voisins, un film très beau film d’origine algérienne qui montre ce qui se passe dans la terreur : la défiance vitale envers les voisins, les murmures pour se dire des choses du coeur, les faux semblants, les sourires derrière lesquels se tapit la Mort. Chaque voisin devient par sa proximité même un ennemi potentiel,  un film qui montre courageusement que l’acte le plus anodin,  demander un tire-bouchon à ses voisins de palier, est un acte de bravoure, de folie. Au centre du film, de l’immeuble, un l’escalier qui ouvre sur le vertige de ce qu’il y a de plus obscur dans les hommes : le meutre, la dénonciation, la violence, la sauvagerie sont les marches banales de cette spirale. On ne mourra pas ( Amal Kateb) vaine incantation, faible désir, la mort frappe, sauvage, sans discernement, là où reste le peu d’amour et de joie.

Mettre en parallèle ces deux films est un très bon exercice pour la raison, pour l’âme aussi : deux choix sont possibles devant le malheur, deux villes dévastées, sauvagement meurtries :

- la dénonciation violente de la violence, chaque détonation touche une cible à l’aveuglette, oppresse dans un sentiment claustrophobe de chasse à l’homme

- ou l’absurde, le rire, qui ouvre l’âme, la prépare à des jours meilleurs. Le Piano, c’est une autre réponse à la brutalité du destin, c’est réellement une transcendance par l’Art et la Bienveillance. Les personnages du Piano sont maladroits, coincés dans leur époque (entre communisme et capitalisme triomphant), entre deuils et rires, mais ce que l’on voit c’est surtout leur  coeur, et c’est sûrement ce coeur là qui palpite d’humanité dans la petite courette qui fait que ce film touche autant le public.

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