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Encore un problème 3 novembre, 2010

Posté par estermann dans : Lire tout le journal,Tournage jour , trackback

- Les propriétaires de la domik veulent une réunion, dit  Jennifer affolée.

- Encore, soupire Boris, chaque fois qu’on fait une réunion cela n’aboutit à rien. 

- Ils veulent voir les responsables français, et arméniens. Il faut que vous preniez le temps de le faire.

Dans la cuisine de la petite domik, Samson et Arminé affrontent l’équipe. Le mari gêné regarde sa femme, il n’a pas l’habitude d’une attaque frontale.  Elle commence, le réalisateur, Lévon, traduit.

- On n’a rien dit jusqu’à présent pour ne pas déranger le tournage, mais vous avez abusé, vous nous avez abusés, pris pour des abrutis.

- On peut vous faire un contrat.  Vous dédommager.

- Ce n’est pas ce dont on parle, on parle de respect. Vous avez dépouillé notre maison pour faire votre décor, on a gentiment dit : oui. Le grand-père est très malade, vous avez installé votre actrice à l’étage dans sa chambre pendant quatre jours, vous n’avez jamais dit que vous alliez finir à cinq heures du matin. Vous avez dit on tourne dans la cour et un peu dans la baraque désaffectée, puis vous êtes rentrés chez-nous. Vous avez pris de plus en plus de place. 

- Nous sommes désolés, nous pensions que vous aviez signé un contrat

- Quel contrat ? D’ailleurs, il suffisait de nous dire. 

- Oui, on s’est comporté en Occidentaux, presque en Américains.

- Vous auriez dû dire, on n’a pas d’argent, mais on vient avec notre cœur et nous nous aurions été heureux. 

Il ne fallait pas expliquer une fois en gros, en une seule fois, ce que cela allait être ce tournage, la place que cela allait prendre dans les vies. Personne ne peut imaginer que c’est cela le cinéma! Quand on dit une scène le temps que cela prend, les différents plans de face, de derrière, de profil et encore…à nouveau… contre champ. Que cela prend la journée, ou la nuit entière, toutes ces heures! Personne ne peut imaginer cette lenteur pour une seconde réellement filmée, gardée.

C’est  cet écart-là qu’ils n’ont pas compris, les habitants de la domik, c’est dans cet écart qu’ils se sont sentis, roulés, arnaqués. Entre le temps de l’attente et de l’action, il y a un gouffre. On dit : on va tourner une scène, la scène du seau d’eau et on fait vingt prises : le seau vide, le seau seul. C’est inimaginable ce que peut-être réellement le cinéma pour ceux qui sont devant leur petit écran. 

- Dans tout tournage il y a des malentendus, c’est normal, ce n’est pas propre à ce pays-là.

- On s’est comporté aussi comme des Américains avec la même arrogance.

- On était pressé par le tournage, l’angoisse de la pluie, des orages, du vent du Nord, de ne pas pouvoir finir à temps, l’essentiel était le film.

 Chacun cherche une justification pour affronter le malaise car on les aime bien Sanson et Arminé, même si quand ils parlent d’hospitalité on ne comprend pas exactement la réelle portée de ce mot.

- Oui, mais l’essentiel est souvent autre part entre l’urgence et la nécessité. 

 La productrice Jennifer est revenue des domiks avec des pots de confitures à la cerise et à l’abricot plein son sac.

 - Tiens prends, c’est pour toi les fruits de notre jardin

La propriétaire de la domik, Arminé, lui tend encore un autre paquet, du papier blanc enveloppant des pâtisseries faites maison le matin même.

- Tiens c’est pour ta mère en France. Prends. Ne sois pas gênée, ici c’est comme cela. 

- C’est vrai que le peuple arménien est un peuple étonnant. 

- De toute façon on est toujours l’étonnement de l’autre, j’ai fait des tournages au Japon, aux USA, en Irlande, mais le plus complexe, le plus délicat, c’est finalement avec nos voisins les plus proches, les Anglais. C’est avec eux que cela a été le plus difficile, réplique Jennifer.

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