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Tournage: Premier jour 14 novembre, 2010

Posté par estermann dans : Lire tout le journal,Tournage jour , trackback

Tournage dans la salle de concert de l’Institut des Beaux Arts de la ville

Loussiné fait sa prestation à la capitale devant un public nombreux venu acclamer les futurs lauréats. Cent personnes sont attendues dans cette salle pour faire un contraste flamboyant entre la petite ville sinistrée par le tremblement de terre, qui au bout de dix ans n’arrive toujours pas à se relever de ses décombres, et les couleurs, le chic de la capitale. Alors pourquoi n’y a -il qu’ une trentaine de personnes assises ? Pourquoi toutes ces chaises vides ? 

Il faut se rendre à l’évidence, il n’y aura pas plus de monde. L’opérateur devra resserrer les plans de la caméra sur le petit groupe. La raison de cette désaffection ? L’horaire matinal ! Il faut savoir qu’un Arménien dort  encore à 10 heures du matin, qu’il s’agisse du fonctionnaire, de l’artiste ou du commerçant, tous sont au lit à cette heure. Inutile de les appeler, de frapper à leur porte. 

A partir de 11 heures, une heure plus décente pour les réveils tardifs, quelques figurants arrivent négligemment pour s’installer sur une chaise, combler un trou de-ci de-là. On demande alors aux chauffeurs de venir, à la gardienne de s’installer pour faire nombre, masse. Drôle de public pour une soirée de gala, certains très habillés, maquillés, fausses perles et éventail chinois, d’autres en polo de travail. Où est le réalisateur ? Il a un marteau à la main et recouvre un tabouret d’un tissu de velours rouge. 

- Il faut un tabouret à la bonne taille pour la pianiste, celui que vous proposez n’est pas réglable. Elle n’est pas à l’aise pour jouer.

- On n’a pas d’autre tabouret ! 

- Mais nous sommes bien au conservatoire de musique et d’arts ?

- Oui, mais on n’a pas de tabouret pour le piano. Prenez un tabouret en cuisine. 

- Mais il faudrait le recouvrir, la scène se passe à Erevan, la capitale. Il faut que cela soit un peu chic.

- Oui, oui, on fera. On recouvrera. 

- Vous le ferez, on peut compter sur vous.

- Il n’y a pas de problème. 

Le réalisateur un marteau dans les mains, quelques clous dorés dans la bouche recouvre le tabouret. Quand il relève les yeux, il reste  zen devant le public clairsemé. C’est son film, un petit bijou, son trésor qui est en jeu et tout va de travers. 

Apolline, qui joue Loussiné la petite fille muette, prend place sur son fragile tabouret recouvert de tissu rouge devant le grand piano à queue noir, elle reprend inlassablement son morceau. 

                         001.jpg                     

Petite Loussiné qui est née le jour du tremblement de terre, déjà orpheline. Son grand-père a fait venir un piano pour qu’elle puisse s’exercer tous les jours avant le concours, mais celui-ci, le grand piano blanc tant espéré, n’est jamais rentré par la porte de la domik (leur petite maisonnette).  Et c’est dans la courette qu’elle jouera. 

La salle est une étuve. Il y a deux caméra, l’une pour le réalisateur l’autre pour la télévision puisque ce concert sera retransmis sur le petit écran installé dans la courette des baraques. 

- Qui a pensé à l’eau ?! 

- Personne. Demain il y en aura ! 

- Mais on ne vous parle pas de demain, mais d’aujourd’hui. Il y  a des personnes âgées dans la salle. 

Le producteur français, Boris, court en ville pour chercher quelques bouteilles. Le régisseur arménien pense que l’eau pour demain ça suffira. 

Pendant ce temps les conducteurs à l’extérieur du théâtre hurlent, deux très gros hommes suant sur leur camion. 

- Nous on ne travaille pas comme cela! 

- Vous travaillez comment alors ? 

- On travaille, mais pas comme cela. 

En fait, le peuple arménien est affectif, passionnel, il ne peut travailler qu’avec l’Amour. 

- Si on vous aime, on donnera tout, même l’impossible, même ce que l’on n’a pas, il suffit de nous sourire. 

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