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Préparation: Troisième jour 21 novembre, 2010

Posté par estermann dans : Lire tout le journal,Preparation du tournage , trackback

C’est vite dit cette détermination, comme une conjuration, un moment de répit dans la tourmente, où tout semble s’assembler, s’agencer, on se rassure, on se détend et puis…. 

Le premier assistant, Alexis, court dans la courette, se jette sur les coursives des baraquements.

- Attention, rien ne tient vraiment, tout est bricolé avec des bouts de ficelles, tout est usé, branlant. 

Mais lui, le premier assistant, ce n’est pas un novice, il a fait le tour du monde, sur des lieux hautement périlleux. Il court, il vole d’un bout à l’autre, son pas de Parisien pressé résonne avec assurance, il disparaît dans un trou. Il crie, il a mal, toute l’équipe est suspendue à ce cri qui vrille l’estomac du producteur, du réalisateur. Va-t-on devoir le rapatrier ? 

Finalement, il aura une cheville bleue, gonflée, il reviendra de l’hôpital avec une canne. Le pire peut-il encore advenir ? 

On se rassure un soir, on porte des toasts à la mode d’ici, caucasienne, on se lève, le coude à la verticale pour brandir son verre de vodka, on conjure le mauvais sort. Plusieurs fois, on se lève et on se dit :  Ouvrons notre cœur ! Le tournage approche, plus que deux jours, tout s’assemble, tout s’agence. On est une équipe qui fait front. La nuit est même douce, le vent caressant. C’est un beau pays quand on regarde au loin les montagnes qui s’estompent dans une brume odorante de foin coupé. Demain, il y aura des hirondelles plein le bleu du ciel. 

Mais pendant que l’on frisonne légèrement d’espérance, dans l’obscurité, le loup est là, tapi prêt à bondir et à dévorer le producteur, à belles dents.

le matériel

Les vingt quatre caisses de matériel, les 400 kg sont bloquées à la douane ! On est samedi, après ce sera dimanche, puis lundi, mardi, deux jours fériés qui se succèdent. Comptons les jours, comptons les jours où tout peut s’arrêter, il n’y a rien de pire que ce décompte, chaque jour à la sonorité du glas. La production est sur la corde raide, chaque minute de retard est un effondrement.  Sans équipement, il n’y a pas de tournage, sans équipe, il n’y a pas de tournage. On n’est rien, on se sent tout à coup nu, c’est comme regarder dans un puits sans fond, on se sent aspirés. A cet instant, on a tous un renard qui nous dévore l’estomac. Quelques coups de téléphone haut placés et l’équipement arrive par camion, enfin, en pleine nuit, à deux heures du matin!!

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