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Tournage: Cinquième jour 10 novembre, 2010

Posté par estermann dans : Lire tout le journal,Tournage nuit , ajouter un commentaire

Que la nuit soit… et la nuit fut glaciale

Les voisins de la courette regardent le concert à la télé.

Le vent du Nord se met à souffler, à chaque pause des vestes sont jetées hâtivement sur les épaules des comédiens. 19 heures, il se met à pleuvoir, l’orage gronde. A 22 heures, il y a un fort coup de vent. A 2 heures du matin, tout se calme. On commence à connaître les caprices de la montagne.

Le temps pince, tourmente, mord, il ne faut pas oublier qu’on est à 1600 mètres, alors que Erevan, la capitale, baigne dans la chaleur étouffante, la moiteur de l’été oriental.

Le réalisateur, Lévon, fait danser les comédiens pour les réchauffer, il les entraîne, tourbillon de rires et de couleurs. Magie de Peter Pan, tout le monde le suit, l’aime et la légèreté envahit le décor. 

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C’est la nuit, le jardin se teinte d’ombre, les projecteurs se voilent de feuillages, les arbres du jardin balancent l’ombre chinoise de leurs branches sur le sol. Chacun prend ses marques, on dirait une place un soir de fête, de guirlandes électriques, de bal musette. 

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C’est une scène difficile, elle prend toute la nuit, jusqu’à cinq heures du matin, le réglage a été délicat à faire avec les comédiens. La domik est ouverte, Loussiné est sur la coursive, le grand-père sort rapidement, alors que Séroj gronde les enfants qui voulaient démonter le piano. 

Gérald Papasian révise son rôle tout seul dans le noir, il fait de grands gestes. Apolline est en chemise de nuit, un châle sur les épaules. Les enfants comédiens se battent et se jettent sur un matelas qui adoucit leur chute. Le petit chien répond aux aboiements voisins. 

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- Silence, on est la nuit, seuls ceux qui travaillent peuvent parler ! 

Chaque mot prononcé résonne comme dans une conque. 

Le plan est centré sur les doigts du voleur de cordes, sur le regard noir de Loussiné jeté à Gakik, qu’elle prend pour un saboteur. Le transfo ronronne doucement dans la pénombre. 

 

Tournage: Septième jour 6 novembre, 2010

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une autre épreuve de nuit… 

- Silence, on tourne, action !

Il y a un capitaine Crochet au milieu de la courette avec une voix de stentor, agitant sa canne, mais ce n’est pas Alexis, c’est le régisseur arménien qui l’imite à la perfection. Tout le monde est saisi, personne ne pensait qu’il aurait cet humour, cette audace dans une langue qu’il ne connaît pas.

 - Vous verrez, demain c’est moi qui vais être le premier assistant. Il penche tout le poids de son corps sur la canne. Je vais sauver ce film, toutes les belles images que vous n’avez pas faites, je les ferai, continue-t-il en arménien. 

Tout le monde rit, l’homme aux chaussures en croco jaune a de l’humour. 


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Il pleut, il fait froid, il fait nuit, de cette nuit froide, glaciale qui descend des montagnes, le chef op, Stéphan,  pour la première et unique fois sort de ses gonds. 

- Pour manger le poulet, il n’y a même pas d’assiettes. Cela fait huit heures que je tiens la caméra dans le vent du Nord sur le dos, j’ai besoin de manger dans une assiette.

Le chef op entraîne l’interprète vers le régisseur arménien :

- Traduis tout ce que je dis ! Traduis mon exaspération. Dis-lui que lui il est resté dix heures assis le cul sur une chaise, il peut bien m’apporter une assiette. 

Le régisseur arménien souffle dans l’oreille de la productrice française : 

- Je ne comprends pas, je leur ai dit à  la cuisine qu’il fallait des assiettes et des serviettes pour manger le poulet. Je leur ai dit cinq fois, je ne comprends pas qu’ils ne le fassent pas. 

La productrice française hoche la tête en signe de connivence. 

- C’est sûr, nous non plus, on ne sait pas. Personne ne sait.

 

Sans Alexis…

Alexis est reparti à Paris. Que va-t-on faire sans le capitaine Crochet, qui a quitté l’îlot avant la fin du tournage ?

L’équipe se ressert autour de Lévon et de Stéphan, le chef op, pour définir le découpage pour la journée.

- Le plus important est le contre-champ Galoyan. 

- Il faut tourner raccord. 

- Soleil ou couvert ?

- Le plus important c’est le film, mais ce serait bien de ne pas finir trop tard car après c’est la préparation pour la douane, pour Ugo et Vincent, le package. 

- Je suis allé sur le toit faire des photos, mais c‘est trop tard maintenant, on reste sur la grue. De toute façon il y avait trop de vent. 

- Et le plan sur le transfo, il y a peu de recul, l’arbre prend trop de place, il faut déplacer le tas d’ordures. 

- On peut pas couper des branches, c’est des griottes. 

- C’est à l’extérieur du potager ? 

 - Oui, mais si c’est à personne, c’est à tout le monde, il faut demander, mais je pense que c’est mort. Il ne faudra pas toucher à l’arbre. 

-  On peut faire passer deux enfants devant le transfo. De toute façon on ne peut pas toucher au cerisier. 

C’est les seuls fruits qui ont résisté à l’hiver, ce rude hiver de cette année, les abricots sont encore verts, acides, ils n’ont pas dans leur cœur ce goût de confiture qui fait la réputation de la nation toute entière. 

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Partout au bord des routes, dans les jardins, les femmes cueillent des griottes, petits fruits acides, qu’elles transportent dans des seaux en fer blanc à l’arrière des taxis collectifs, apportant ainsi à l’effondrement des lieux leur chatoiement de rubis. 

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